A LAUNEACTUALITESPOLITIQUE

AG coalition Diomaye Président : « Bou kenn rek déé wax, loolu wolof xoultu la koy wax… mënuñu téré kenn mu xoultu » (Bassirou Diomaye Faye)

Lors de l’Assemblée générale consacrée à la validation des textes fondateurs de la coalition Diomaye Président, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a livré un discours mêlant rappel historique, appel à la sérénité et mise en garde politique à l’endroit de ses alliés. Devant les délégués de la coalition, le chef de l’État a invité les Sénégalais, et particulièrement les membres de l’alliance qui l’a porté au pouvoir, à se concentrer sur les priorités nationales. « Nous devons nous concentrer sur l’essentiel et travailler dans la sérénité. Nous devons cultiver la paix pour le bien-être des Sénégalais », a-t-il déclaré, appelant à privilégier l’apaisement dans la vie politique.

Un appel à des débats apaisés

Dans un contexte marqué par des débats politiques parfois tendus, le président de la République a insisté sur la nécessité de préserver un climat de respect dans l’espace public. Selon lui, les divergences d’opinion doivent s’exprimer dans la sérénité et non dans la violence. « Nous devons mobiliser toutes les énergies pour porter les aspirations légitimes des Sénégalais. La gouvernance que nous portons est une gouvernance de sérénité. Rien, absolument rien, ne peut nous ébranler », a-t-il martelé.

Les coulisses de la naissance de la coalition

Profitant de cette tribune, Bassirou Diomaye Faye est revenu sur la genèse de la coalition Diomaye Président, révélant qu’il avait lui-même initié les premiers contacts politiques dès sa sortie de prison. Il affirme avoir personnellement appelé le Dr Abdourahmane Diouf et Serigne Gueye Diop afin de poser les bases de l’alliance politique qui allait finalement porter sa candidature à la présidentielle. Le chef de l’État a toutefois tenu à rappeler son attachement au parti PASTEF, réaffirmant que son engagement au sein de cette formation demeure intact.

Humour et retenue face aux critiques

Face aux attaques politiques dont il fait parfois l’objet, le président a choisi le ton de l’humour pour prôner la retenue. « Il faut être deux pour se disputer », a-t-il lancé. Avant d’ajouter en wolof, avec ironie : « Bou kenn rek déé wax, loolu wolof xoultu la koy wax… mënuñu téré kenn mu xoultu. » Par cette formule, le chef de l’État a expliqué que la sagesse consiste parfois à ne pas répondre aux provocations afin de rester concentré sur les responsabilités de l’État.

Une coalition née d’une contrainte politique

Le président est également revenu sur le contexte particulier dans lequel la coalition a vu le jour. À l’époque, le parti PASTEF avait été dissous, alors même que la décision devait être abrogée quelques jours plus tard. Cette situation juridique rendait impossible une participation directe à l’élection présidentielle. Il fallait donc trouver une solution rapide. La stratégie adoptée consistait à s’appuyer sur des formations politiques disposant d’un récépissé légal pour porter la candidature présidentielle dans les délais. Dans cette perspective, plusieurs figures du mouvement ont été mandatées pour élargir l’alliance. El Malick Ndiaye, Abass Fall et Ayib Daffé ont notamment été envoyés pour convaincre Aminata Touré de rejoindre la coalition. Une démarche politique menée en un temps record, qui a permis de transformer une contrainte juridique en dynamique électorale.

Un avertissement à ses alliés

Au-delà du rappel historique, Bassirou Diomaye Faye a adressé un message clair aux membres de la coalition. Selon lui, Diomaye Président ne doit pas se contenter d’exister symboliquement. Une coalition qui soutient un chef de l’État doit rester active, présente sur le terrain et engagée dans l’explication et la promotion des politiques publiques. Après la victoire de mars 2024 et les premiers mois d’exercice du pouvoir, l’alliance politique se trouve désormais face à un nouveau défi: prouver sa pertinence dans la durée.

Dans un paysage politique recomposé, marqué notamment par la présence dominante du PASTEF à l’Assemblée nationale, la coalition devra trouver sa place et démontrer son utilité politique, au risque de s’effacer progressivement de la scène.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page