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UGB : UN FORUM GÉOPOLITIQUE À SAINT-LOUIS POUR PENSER « L’AFRIQUE FACE AU DÉSORDRE MONDIAL »

Organisé ce week-end à Saint-Louis par la Tribune de Réflexion Géopolitique de l’UGB, un forum a réuni universitaires et étudiants autour du thème « L’Afrique face au désordre mondial ». Présidée par le Pr Amsata Sow Sidibé, la rencontre a porté un message clair : l’Afrique doit cesser d’être « le continent du futur » pour devenir « le continent du présent ».

Un forum sur la géopolitique s’est tenu ce weekend dans la capitale du Nord autour du thème “L’Afrique face au désordre mondial”. À l’initiative de la Tribune de Réflexion Géopolitique [TRG], entité regroupant des étudiants de l’UFR des sciences juridiques de l’Université Gaston Berger [UGB], la rencontre a réuni enseignants, chercheurs et étudiants pour décrypter un système international en pleine mutation.

Une tribune présidée par le Pr Amsata Sow Sidibé

La cérémonie était présidée par le Pr Amsata Sow Sidibé, directrice de la Commission nationale des Droits de l’Homme [CNDH]. Juriste reconnue, ancienne ministre et figure de la société civile, sa présence a donné une caution institutionnelle aux débats.

Plusieurs universitaires ont animé les débats, dont le Pr Babacar Kanté et le Pr Babaly Sall, deux références en droit public et relations internationales à l’UGB. Les panels ont mêlé droit, science politique, économie et histoire pour analyser la place de l’Afrique dans les rapports de force actuels.

Amadou Cherif Diao : « La géopolitique récompense les plus stratégiques »


Président de la TRG, Amadou Cherif Diao a ouvert les travaux en posant les bases de la réflexion : “La géopolitique moderne ne récompense pas les plus riches. Elle récompense les plus stratégiques”, signale-t-il.

Pour le jeune juriste, le continent paie son déficit d’anticipation. « L’Afrique est au centre des enjeux mondiaux. Mais trop souvent à la périphérie des décisions mondiales. C’est là tout le paradoxe africain» ressources, démographie, corridors logistiques, vote à l’ONU : l’Afrique est courtisée mais rarement décisionnaire.

« Penser l’Afrique est déjà une manière de la construire »


Amadou Cherif Diao a appelé à un sursaut intellectuel de la jeunesse. « Il est des moments dans l’histoire où les nations ne peuvent plus se contenter d’observer le monde. Elles doivent le comprendre. Elles doivent l’interroger. Elles doivent le penser. La réflexion est une forme d’action. Et penser l’Afrique est déjà une manière de la construire», rappelle notre interlocuteur.

Un message repris par plusieurs intervenants : sans doctrine, pas de diplomatie. Sans vision endogène, pas de souveraineté. Les étudiants de l’UGB sont invités à produire du savoir, pas seulement à le consommer.

« Le désordre mondial est devenu un système »


Analysant le contexte international, il a estimé que “le monde traverse un désordre qui n’est pas un accident de l’histoire. Il est devenu un système”. Guerre en Ukraine, tensions en mer de Chine, fragmentation des chaînes de valeur, retour du protectionnisme, crise du multilatéralisme : le forum a listé les fractures.

Dans ce chaos, l’Afrique doit choisir son camp : celui de ses intérêts. « Le désordre mondial est une épreuve pour les nations faibles, mais une opportunité pour les nations visionnaires. Les États qui ne pensent pas leur destin deviennent les instruments du destin des autres », a martelé le président de la TRG.

« L’Afrique doit devenir le continent du présent »


Point d’orgue du discours : renverser le narratif. « L’Afrique est souvent décrite comme le continent du futur. Mais je voudrais aujourd’hui renverser cette formule. L’Afrique ne doit plus être le continent du futur. Elle doit devenir le continent du présent », estime-t-il.

Autrement dit : arrêter de renvoyer l’émergence à 2035 ou 2050. Négocier maintenant, industrialiser maintenant, peser maintenant sur le climat, la sécurité, la réforme de l’ONU, la monnaie, le numérique, le présent est le seul temps de la puissance.

La TRG, laboratoire d’idées de l’UGB


La TRG se veut un espace de réflexion pour les étudiants de l’UGB sur les enjeux géostratégiques africains et mondiaux. Née au sein de l’UFR de Sciences juridiques et politiques, elle organise conférences, simulations et publications. Son objectif est de former une génération de juristes, diplomates et décideurs capables de porter la voix du continent.

Le forum de Saint-Louis marque une étape. D’autres suivront sur la ZLECAf, la sécurité au Sahel, la souveraineté numérique et la réforme des institutions de Bretton Woods.

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