Démarrage du Bac 2026 à Saint-Louis : Organisation réussie mais cap scientifique à redresser

Le coup d’envoi de la session 2026 du Baccalauréat a été donné ce mardi matin dans toute la région de Saint-Louis. Si l’organisation logistique s’avère irréprochable et la parité largement dépassée en faveur des filles, la faiblesse des effectifs dans les filières scientifiques suscite l’inquiétude des autorités. Un paradoxe alarmant pour une région en plein boom gazier et industriel.
Une machine logistique bien huilée : 12 991 candidats sur la ligne de départ
Ils sont exactement 12 991 candidats à investir les salles d’examen ce mardi 30 juin pour décrocher le premier diplôme universitaire. Pour encadrer cette masse d’élèves répartis dans 12 séries différentes, les autorités académiques ont déployé un dispositif d’envergure : 41 jurys officiels quadrillent l’ensemble du territoire régional.
La grande satisfaction de cette cohorte 2026 réside dans sa démographie. Les filles confirment leur ancrage et leur réussite dans le système éducatif de la région Nord. Avec 8 052 candidates inscrites, elles représentent désormais 62 % de l’effectif total, reléguant les garçons à une nette minorité.
Comme le veut la tradition, les autorités administratives ont effectué dès les premières heures de la matinée la traditionnelle tournée des centres d’examen. La délégation officielle s’est rendue successivement au lycée de Ngallèle, au lycée technique André Peytavin et au lycée d’excellence Aimé Césaire. Partout, le mot d’ordre était le même : rigueur, sérénité et transparence. Le bon déroulement des premières épreuves a été largement salué par la délégation, aucun incident majeur n’ayant été signalé.
L’alerte de la gouvernance : Seuls 27 % de scientifiques
Présente lors de cette tournée, Mme Khoudia Leye, adjointe au gouverneur chargée du Développement, s’est réjouie des dispositions matérielles et humaines prises pour garantir un examen dans les meilleures conditions possibles. Cependant, l’autorité administrative a profité de cette tribune pour jeter un pavé dans la mare et pointer du doigt le déséquilibre structurel des séries.
Le constat est sans appel : les séries littéraires continuent d’asphyxier les filières scientifiques. « Le taux d’élèves en séries scientifiques avoisine les 27 %. J’attire l’attention des autorités pour voir comment faire afin de susciter davantage l’intérêt des élèves pour ces filières », a-t-elle déclaré avec insistance.
L’urgence gazière : Former la jeunesse locale aux métiers de demain
Pour Mme Khoudia Leye, cette désaffection pour les sciences n’est plus une simple statistique scolaire, c’est un enjeu de souveraineté économique nationale. La région de Saint-Louis traverse une phase de mutation historique, portée par la réalisation de grandes infrastructures et, surtout, par l’exploitation imminente des ressources naturelles, au premier rang desquelles le gaz (projet Grand Tortue Ahmeyim).
L’adjointe au gouverneur estime que la jeunesse saint-louisienne risque de rater le train du développement local si elle ne s’oriente pas massivement vers ces filières d’avenir. Le marché du travail régional va exiger des ingénieurs, des techniciens supérieurs, des géologues et des experts en énergies. L’appel lancé ce 30 juin résonne donc comme un avertissement aux planificateurs de l’éducation : il faut d’urgence réhabiliter les matières scientifiques pour aligner l’école sur les besoins réels de l’économie sénégalaise.




