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Concours général 2026 : Le sacre d’Ameth Babou, le triomphe des filles en sciences et les secrets d’un cru historique

La 60e édition du Concours général sénégalais s’est tenue au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose sous la présidence du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Entre le doublé historique d’un crack du Prytanée militaire de Saint-Louis, la percée fulgurante des filles dans les filières STEM et l’hégémonie retrouvée de l’école publique, l’éducation sénégalaise franchit un cap décisif.

L’effervescence était à son comble ce matin au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose de Dakar. Devant un parterre de ministres, de diplomates, d’enseignants et de familles submergées par l’émotion, la République a célébré sa crème académique. Cette 60e édition du Concours général, parrainée par l’éminente professeure Awa Marie Coll Seck, restera gravée dans les annales comme celle de tous les records, mais surtout comme celle de la confirmation d’un génie précoce.

Ameth Babou : un doublé historique à 18 ans

Le Prytanée militaire de Saint-Louis (PMS) confirme, si besoin était, son statut de sanctuaire de l’excellence. À seulement 18 ans, Ameth Babou, élève en classe de Terminale S1, est entré de plain-pied dans l’histoire scolaire du pays. Pour la deuxième année consécutive, le jeune « enfant de troupe » a été sacré meilleur élève du Sénégal.

Pour s’adjuger ce titre très convoité, le jeune prodige a accumulé un total stratosphérique de 68 points, pulvérisant les standards habituels de la compétition. Ce qui impressionne au-delà du score, c’est l’éclectisme absolu de son profil. Ameth Babou s’est illustré en décrochant quatre premiers prix majeurs dans des disciplines que l’on oppose souvent à tort :

  • En Français et en Dissertation philosophique, prouvant sa parfaite maîtrise des humanités et de la rhétorique.
  • En Citoyenneté et droits de l’Homme, témoignant d’une conscience civique aiguë.
  • En Physique, réaffirmant sa domination dans sa filière d’origine, les sciences dures.

Ce grand chelem disciplinaire fait de lui le symbole d’une jeunesse sénégalaise décomplexée, capable d’allier la rigueur des formules scientifiques à la profondeur de la pensée philosophique.

Les chiffres d’une édition d’élite

Derrière l’arbre Babou, c’est toute une forêt de talents qui a été honorée. La compétition a cette année mobilisé 3 590 candidats issus des lycées publics et privés du pays. Une statistique majeure retient l’attention : la forte domination numérique des filles, qui représentaient 61,27 % des candidats (2 261 filles) contre 38,73 % de garçons (1 429).

À l’arrivée, le tamis du Concours général s’est révélé particulièrement exigeant : seuls 118 lauréats ont réussi à se frayer un chemin vers le tableau d’honneur. Ils se partageront 129 distinctions, réparties en 69 prix et 60 accessits (contre 120 distinctions l’année dernière).

Le service public de l’éducation dicte sa loi

L’autre grand enseignement de ce palmarès 2026 réside dans la performance magistrale de l’enseignement public. Souvent décrié ou jugé en perte de vitesse face à l’essor des instituts privés payants, le secteur public a administré une véritable leçon de résilience. Sur les 129 distinctions attribuées, l’école publique s’octroie 103 récompenses, soit près de 80 % du palmarès global. Une suprématie qui démontre que la méritocratie républicaine fonctionne encore à plein régime dans les régions et les lycées de l’État.

Examens nationaux 2026 : une progression spectaculaire sur tous les fronts

Ce triomphe au Concours général n’est pas un fait isolé. Il s’inscrit dans un cadre macro-éducatif en nette amélioration, comme l’a révélé le directeur de l’Enseignement moyen, le Dr Saliou Ndiaye, lors de la présentation du bilan des examens nationaux à grand tirage. Les chiffres compilés pour cette session 2026 affichent des taux de réussite inédits :

  • Le CFEE (Certificat de fin d’études élémentaires) : Il enregistre un taux de réussite historique de 94,42 %, soit un bond spectaculaire de plus de 23 points par rapport à la session 2025.
  • Le BFEM (Brevet de fin d’études moyennes) : Il atteint un niveau très robuste de 83,78 % d’admis.
  • Le Baccalauréat : L’examen reine de la fin du cycle secondaire progresse de 7,3 points pour s’établir à 55,02 % de réussite globale.

Pour le Dr Saliou Ndiaye, ces indicateurs au vert sont le fruit direct « des réformes structurelles profondes menées au sein de l’école sénégalaise ». Il a notamment mis en avant la modernisation des procédures d’évaluation, l’efficacité des mécanismes de remédiation pédagogique (le soutien aux élèves en difficulté) et une politique volontariste de valorisation des disciplines scientifiques.

Le triomphe des filles dans les STEM et l’appel de Diomaye Faye

Le grand virage technologique du Sénégal semble bel et bien amorcé, et ce sont les filles qui tiennent le volant. Les séries scientifiques et techniques se positionnent désormais comme les moteurs absolus de la performance nationale, affichant des taux de réussite sectoriels de 82,2 % dans l’enseignement général et de 86,5 % dans l’enseignement technique.

Dans ce sous-secteur technique, les filles réalisent un véritable coup d’éclat en décrochant un taux de succès de 70 %. Elles consolident ainsi de manière irréversible leur présence au cœur des filières STEM (Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques).

Une dynamique saluée et encouragée par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Lors de son allocution solennelle, le chef de l’État a lancé un vibrant appel national pour accentuer encore davantage l’orientation des filles vers ces filières d’avenir. Pour lui, « l’égalité des chances doit devenir une réalité tangible afin de permettre à chaque enfant d’exprimer pleinement son potentiel, peu importe son genre ou son origine sociale ».

Cap sur « Sénégal 2050 » et les valeurs olympiques

Faisant le lien avec le thème de cette année — « Le Sénégal à l’heure des JOJ 2026 : refonder le sens du bien commun à l’école des valeurs olympiques » —, le président Faye a rappelé que l’excellence scolaire et académique constitue un levier non négociable de souveraineté économique et de développement pour le pays.

En route vers les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) que Dakar s’apprête à accueillir, le chef de l’État a exhorté le corps enseignant et les lauréats à transposer la culture de l’effort, du fair-play et du dépassement de soi dans la construction nationale. Il a invité cette jeunesse d’élite à mettre dès à présent son intelligence et ses talents au service de la vision stratégique Sénégal 2050, rappelant que c’est par la rigueur que se bâtira un Sénégal uni, juste, souverain et prospère.

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