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Célébration de l’Achoura : Entre spiritualité, traditions et dérives folkloriques selon l’imam Mouhamed Sakho

Le président des imams et oulémas de Saint-Louis, imam Mouhamed Sakho, a profité de la commémoration de l’Achoura (Tamkharit) pour rappeler le sens profond de cette fête musulmane. Entre dévotion religieuse et survivances culturelles, le religieux invite à un retour aux sources et alerte sur les dérives du « Tadjabone » moderne.

Un mois de vertus et de bienfaits spirituels

L’Achoura s’inscrit dans un cadre temporel hautement sacré. « Le mois de Mouharram est très symbolique en Islam. C’est l’un des mois les plus vertueux dans le calendrier hégirien », a d’emblée précisé l’imam Mouhamed Sakho qui revenait sur l’importance de cet événement religieux.

Au cœur de cette célébration se trouve le jeûne du dixième jour (Achoura), précédé de la nuit du « Tassoua » (le neuvième jour). L’imam rappelle qu’il s’agit d’une pratique prophétique (Sunna) fortement recommandée, porteuse de multiples bienfaits et récompenses spirituelles pour le croyant.

Sur le plan historique, cette date marque des événements majeurs de l’histoire de l’Islam :

  • La libération du prophète Moïse face au Pharaon en Égypte.
  • L’acceptation par Dieu de l’acte d’allégeance du prophète Adam.

Le traditionnel couscous : Le partage sans le gaspillage

La dimension sociale de la Tamkharit se manifeste dès la nuit du « Tassoua » autour du traditionnel dîner de couscous, richement agrémenté de viande, de poulet et de légumes.

Pour le président des imams et ulémas de Saint-Louis, cette tradition culinaire est tout à fait louable. « Pour le croyant, c’est bien de faire plaisir à ta famille en leur donnant parfois l’occasion de bien manger », approuve-t-il. Il a toutefois tenu à poser une limite claire : cette générosité familiale doit impérativement se faire « en évitant le gaspillage ».

La dérive du « Tadjabone » : Du sacré au folklorique

Le regard de l’imam Sakho se fait cependant beaucoup plus critique vis-à-vis de l’évolution du « Tadjabone », la veillée nocturne culturelle qui accompagne l’événement. Si la pratique est ancienne, sa forme actuelle s’est fortement dégradée selon lui.

« Le Tadjabone était célébré autrement. Nos ancêtres sortaient cette nuit pour célébrer le nouvel an en récitant des versets coraniques et en demandant de l’aumône », témoigne le religieux.

Aujourd’hui, l’imam déplore un glissement vers le folklore et le profane. Il pointe particulièrement du doigt les déguisements où « les hommes se déguisent en femmes et vice-versa », rappelant fermement que ces pratiques de travestissement sont strictement interdites par les préceptes de l’Islam. Un appel à préserver la sacralité de cette nuit face aux dérives festives contemporaines.

Célébration de l’Achoura : Entre spiritualité, traditions et dérives folkloriques selon l’imam Mouhamed Sakho

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