Portrait: Abdoulaye Mamadou Mbow nouveau Directeur de l’ENTSS: l’itinéraire d’un bâtisseur au service de la dignité sociale

Il y a des trajectoires professionnelles qui se dessinent comme des lignes droites, dictées par une seule et unique boussole : la volonté de se rendre utile aux autres. Le parcours d’Abdoulaye Mamadou Mbow est de ceux-là. Né à Galoya et marié, ce citoyen sénégalais est le nouveau Directeur de l’École nationale des Travailleurs sociaux spécialisés (ENTSS). Il a tracé un parcours d’une remarquable cohérence, guidé par deux fils conducteurs indissociables : l’éducation et l’humain. M. Mbow a ainsi dédié plus de trente ans de sa vie à bâtir des ponts entre le savoir académique, la protection des plus vulnérables et la haute administration sociale.
Les racines de l’engagement : de la géographie à la pédagogie
Le parcours intellectuel de M. Abdoulaye Mamadou Mbow débute à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et à l’École Normale Supérieure. Il en sort diplômé en 1996, titulaire d’une Maîtrise en géographie humaine et d’un Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Moyen (CAEM). En phase avec les réalités de son pays, il intègre la génération historique des Volontaires de l’Éducation et fait ses premières armes à l’école Seydi Anta Gadiaga de Malika.
Pendant près d’une décennie, il enseigne l’histoire et la géographie tout en développant une fine sensibilité pour la psychologie de l’enfant et l’andragogie. Au sein des collèges, notamment à Tambacounda, son rôle dépasse le cadre de la classe : il coordonne des cellules pédagogiques, forme au management de clubs scolaires et s’engage activement dans le tissu associatif (Action Jeunesse Environnement, GEEP, RADDHO). À cette époque, ses premières recherches se penchent déjà sur la déperdition scolaire et les mécanismes d’exclusion, notamment à travers l’étude des barrières à l’inclusion des enfants albinos à Richard-Toll.
Le virage du Travail Social et le service de l’État
Conscient que les dynamiques de développement se jouent au cœur des communautés, Abdoulaye Mamadou Mbow choisit de professionnaliser sa vocation sociale. Il intègre la prestigieuse École nationale des Travailleurs sociaux spécialisés (ENTSS) de Dakar, dont il sort titulaire d’un Master II en Travail social spécialisé (Option Formation des Formateurs) en 2010.
Cette transition marque le début d’un service de l’État de haut niveau. Cadre émérite de l’administration sénégalaise, il est d’abord nommé Chef du Service régional de l’Action Sociale de Kédougou de 2012 et 2016, où il assure parallèlement la coordination du Comité départemental de Protection de l’enfant pendant un an. Fort de ce succès en milieu rural, il est appelé à la capitale pour prendre la tête du Service régional de l’Action sociale de Dakar, une fonction stratégique et exigeante qu’il occupera de 2016 à 2018. Tout au long de cette période, il publie des tribunes marquantes dans certains journaux de la place (Libération, Le Quotidien), rappelant sans cesse le rôle fondamental du travailleur social et plaidant avec force pour l’éducation inclusive et l’intégration des personnes en situation de handicap.
Transmettre et encadrer : le retour à l’ENTSS
Parce que la transmission est au cœur de son identité, Abdoulaye Mamadou Mbow revient naturellement vers son alma mater. En 2019, après avoir dirigé le département du second cycle, il est nommé Directeur des études et des stages de l’ENTSS. À ce poste stratégique, il façonne le visage de l’action sociale de demain au Sénégal en encadrant les futurs cadres du secteur.
Chercheur rigoureux et praticien de la Méthode Accélérée de Recherche Participative (MARP), il n’a jamais cessé de parfaire ses compétences, qu’il s’agisse de la gestion de projet au CESAG ou de l’obtention d’un Post-Master en Diplomatie et Stratégies au CEDS en 2022.
À la lumière de ce parcours d’une rare densité, M. Mbow s’impose comme une figure emblématique de l’action sociale au Sénégal, un homme chez qui la rigueur technique n’a d’égale que la profondeur de l’engagement. Des salles de classe de ses débuts aux bureaux de la direction de l’ENTSS, il est resté ce bâtisseur guidé par une conviction profonde : la grandeur d’une nation se mesure à sa capacité à protéger ses citoyens les plus fragiles.
Maîtrisant parfaitement le français, le pulaar et le wolof, ce haut fonctionnaire respecté n’a pas seulement traversé les institutions, il les a marquées de son empreinte. En transmettant son savoir et sa vision, il ne fait pas que clore des chapitres de sa propre histoire ; il écrit, de manière indélébile, l’avenir d’un Sénégal plus juste, plus solidaire et profondément humain.




