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Saint-Louis : L’IETOS, l’école de la seconde chance qui défie l’échec scolaire

Grâce à l’Institut d’Excellence Tafsir Oumar Sall (IETOS), Doudou Kane, professeur d’Histoire-Géographie en service au Lycée de Rao, transforme les trajectoires scolaires au cœur de la ville de Saint-Louis. Entre encadrement de proximité et taux de réussite exceptionnels, zoom sur une initiative locale qui fait de l’éducation un véritable levier d’inclusion.

Dans le système éducatif classique, le rythme effréné des programmes et le manque de ressources financières laissent trop souvent de nombreux élèves sur le bord du chemin. Face à ce constat, des acteurs de terrain refusent la fatalité. C’est le cas de Doudou Kane, professeur d’Histoire-Géographie au Lycée de Rao. En fondant l’Institut d’Excellence Tafsir Oumar Sall (IETOS) dans la ville de Saint-Louis, cet enseignant émérite s’est donné pour mission de repêcher les élèves en rupture de ban et de stimuler leur potentiel.

Briser le cycle de l’échec scolaire

L’idée de l’IETOS est née directement de l’observation quotidienne du milieu scolaire. Pour Doudou Kane, le diagnostic était clair. «Beaucoup d’élèves rencontrent des difficultés dans le système scolaire classique, soit à cause du rythme d’apprentissage, soit pour des raisons financières qui limitent leur accès à un accompagnement de qualité », dit-il.

Plutôt que de blâmer les lacunes du système, le professeur a choisi d’agir en créant une structure alternative capable d’offrir une seconde chance aux jeunes de la capitale du Nord. « Nous avons donc voulu créer un cadre adapté permettant à ces jeunes de bénéficier d’un suivi pédagogique renforcé, d’un encadrement de proximité et d’un environnement favorable à leur réussite », explique-t-il.

Des résultats spectaculaires pour l’année 2026

Loin d’être une simple structure d’aide aux devoirs, l’IETOS s’est rapidement imposé comme un véritable laboratoire de la réussite à Saint-Louis. Pour la session des examens de l’année 2026, l’établissement enregistre une performance remarquable au Baccalauréat avec 23 candidats admis sur un total de 28 élèves présentés, ce qui représente un taux de réussite de 82,14 %. La dynamique de succès se confirme également au BFEM où l’institut affiche un taux de réussite exceptionnel de 92 %, totalisant 23 admis sur les 25 candidats en lice.

Ces statistiques, largement supérieures aux moyennes nationales pour ce profil d’élèves, font la fierté de l’établissement. « Oui, nous sommes très satisfaits des résultats obtenus. Les performances enregistrées montrent que les efforts fournis portent leurs fruits. Ces résultats sont une grande source de satisfaction et encouragent toute l’équipe pédagogique à continuer dans cette voie », se réjouit le fondateur de l’institut.

Le défi des moyens face à l’ambition d’excellence

Pourtant, faire fonctionner une telle structure relève du miracle quotidien. Sans subventions massives, l’enrôlement et la prise en charge des élèves reposent entièrement sur le capital humain et la solidarité communautaire. «L’enrôlement des élèves repose principalement sur notre engagement personnel, celui de l’équipe pédagogique et la confiance des parents », confie Doudou Kane. L’institut déploie une stratégie en quatre piliers : cours de renforcement intensifs, suivi régulier, encadrement rapproché et orientation sur-mesure.

Le quotidien n’est cependant pas sans embûches. L’IETOS doit naviguer à vue face à des contraintes structurelles majeures. « Nous rencontrons certaines difficultés, notamment les moyens financiers, les ressources pédagogiques et la nécessité d’offrir toujours de meilleures conditions d’apprentissage aux élèves », admet le professeur. À cela s’ajoutent les barrières psychologiques et cognitives de certains apprenants. « Il faut aussi faire face aux difficultés individuelles de certains apprenants qui nécessitent un suivi particulier », signale notre interlocuteur.

Pour surmonter ces obstacles, l’équipe mise sur l’humain. En resserrant les liens avec les familles et en misant sur une gestion rigoureuse, l’IETOS compense le manque de moyens par une organisation de fer. « Nous privilégions l’organisation, la proximité avec les élèves et la collaboration avec les parents », souligne-t-il, tout en lançant un appel aux partenaires extérieurs pour « mobiliser davantage de ressources afin d’améliorer continuellement la qualité de notre accompagnement ».

Transformer l’IETOS en pôle régional

L’avenir s’annonce ambitieux à Saint-Louis. L’IETOS qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, vise désormais une mise à l’échelle de son modèle. « Nos perspectives sont ambitieuses. Nous souhaitons renforcer davantage l’Institut d’Excellence Tafsir Oumar Sall, accueillir plus d’élèves, améliorer nos infrastructures et diversifier nos programmes d’accompagnement», annonce le chef d’orchestre du projet. L’objectif ultime est clair : ériger l’établissement en un «véritable pôle d’excellence au service de la jeunesse ».

Toutefois, Doudou Kane a tenu à saluer la chaîne de solidarité qui rend cette aventure possible. « Je tiens à remercier tous ceux qui nous accompagnent dans cette mission, particulièrement les parents, les enseignants et toutes les personnes qui croient en la force de l’éducation», soutient M. Kane. Il laisse enfin un message d’espoir à cette jeunesse en quête de repères. « La réussite demande du travail, de la discipline et de la persévérance. À l’Institut d’Excellence Tafsir Oumar Sall, nous continuerons à croire en eux et à les accompagner pour qu’ils réalisent leurs rêves. L’éducation est l’arme la plus puissante que nous pouvons utiliser pour changer le monde », précise-t-il.

À Saint-Louis, la formule semble en tout cas porter ses fruits, prouvant que l’excellence n’est pas une question de moyens, mais de volonté.


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